« Apprendre aux gens à se débrouiller », résume Patricia Bethus, qui précise toutefois : « Il n’y a pas d’obligation de résultat. »

En effet, tout n’est pas réparable, même s’« il faut au moins faire la démarche d’essayer », estime Guy-Paul, un autre bénévole.

Manifestement, le premier Repair-café depuis le début de la crise sanitaire était attendu. La jauge limitée de la salle a contraint les organisateurs à mettre en place quelques aménagements. Rien d’irrémédiable. La présidente du CPNS Marie-France Simonnet qui s’est prêtée aimablement au jeu du commentaire filmé affiche sa satisfaction de renouer avec cette animation.

vidéo CPNS

 

  reproduction de l’article publié par le journal Ouest-France le 6 octobre 2020

Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Réparer pour ne pas jeter, la formule séduit

 

La pluie et le vent n’ont pas dissuadé de nombreux Gillocruciens de venir jusqu’au centre socioculturel, samedi 3 octobre, en témoigne la salle d’attente du hall d’entrée dans laquelle patientent une demi-douzaine de personnes, tasse de café bien chaud entre les mains.

L’une apporte un taille-haie, l’autre un aspirateur de table, un troisième, une cocotte-minute. Tous en panne, ces objets vont passer entre les mains expertes de bénévoles. Le tout, gratuitement : c’est le principe du Repair café, (de l’anglais repair : réparation).

« Il fonctionne, mais par intermittence », explique Monique qui, pourtant « grande bricoleuse », n’a pas osé démonter elle-même son outil de jardinage. « C’est compliqué, je préfère laisser faire les pros. »

Reprendre le pouvoir sur les objets

Ici, le pro en question, c’est Philippe, qui vient pour la première fois en tant que bénévole, d’abord pour s’« occuper », mais aussi par ce que « c’est sympa, et si ça peut permettre de moins remplir nos poubelles, c’est tant mieux ».

Pour Ludovic, bricoleur dans l’âme, le repair café est un moyen de satisfaire sa curiosité pour le fonctionnement des objets. | OUEST-FRANCE

Et c’est bien la philosophie de ce rendez-vous, initié il y a six ans par le centre socioculturel et le comité pour la protection de la nature et des sites (CPNS). « Nous essayons d’en faire cinq dans l’année, précise Patricia Bethus, référente du pôle famille et solidarité. Nous attirons de plus en plus de monde, les gens ont repris le pouvoir sur leurs objets et ne jettent plus systématiquement. Et ce, même si les industriels sont un peu vicieux et utilisent souvent des pièces difficiles à changer… »

Ce samedi, c’était la reprise, après six mois d’interruption dus au Covid-19 et aux vacances d’été. Forcément, les règles sont un peu plus strictes. Pas plus de 30 personnes dans la salle. « Les gens nous ont beaucoup appelés pour savoir quand cela allait reprendre », confie Marie-France Simonnet, présidente du CPNS. « Ils ont même mis des objets de côté », ajoute Patricia Bethus.

Apprendre à se débrouiller

L’engouement est tel que les objets à réparer sont limités à un par personne. « Sinon, les bénévoles ne peuvent pas suivre », assure Alexandre Meriau, du centre socioculturel. Il faut dire que certains ne comptent pas le temps passé sur un problème, à l’instar de Ludovic, qui, depuis une heure et demie, essaie tant bien que mal de réparer l’aspirateur de Thérèse. « Je l’ai payé plus de cent euros… Je trouve que les objets ne durent plus aussi longtemps qu’avant », se désole-t-elle.

« C’est un peu délicat, il faut trouver où est le faux contact », analyse son technicien du jour, attiré de ce côté de la table par sa « curiosité, j’aime comprendre comment fonctionnent les objets. »

Cette curiosité, il pourrait la transmettre. C’est aussi le but du Repair café :

« Apprendre aux gens à se débrouiller », résume Patricia Bethus, qui précise toutefois : « Il n’y a pas d’obligation de résultat. » En effet, tout n’est pas réparable, même s’« il faut au moins faire la démarche d’essayer », estime Guy-Paul, un autre bénévole, tout en démontant lui aussi un aspirateur défectueux.

C’est aussi un moyen de « créer du lien » : Jeannine est une des couturières du Repair café. Elle témoigne : « À chaque fois, on voit le même monsieur qui vient nous faire recoudre ses boutons, repriser ses pantalons… »

Pour Patricia Bethus, pas besoin d’être un « forcené de l’écologie » pour venir au Repair café. Elle voit, dans son succès croissant, une « prise de conscience générale et une recherche de partage ».

Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Réparer pour ne pas jeter, la formule séduit