« Le dossier rendu public par les collectifs citoyens va plus loin en redessinant entièrement le bourg de Sion tant sur le plan urbanistique que sur le plan sociétal et économique »

Les collectifs de Sion Agora et le collectif de défense du patrimoine balnéaire de Sion¹ ont préparé avec le collectif nantais Fertile un projet alternatif au réaménagement de Sion préservant l’identité de la station balnéaire. Le collectif Fertile qui a été initié par un noyau d’architectes et paysagistes est un laboratoire d’actions sur les transformations de nos environnements. Petit clin d’oeil, le dossier a été élaboré avec l’aide de l’architecte Tibo Labat, petit-fils de la fondatrice du CPNS Marie-Claude Verley.

Un projet ambitieux

Très élaboré, ce projet présente une alternative intéressante aux projets de thalassothérapie présentés jusqu’alors par les municipalités successives de Saint-Hilaire-de-Riez. Le dossier rendu public par les collectifs citoyens va plus loin en redessinant entièrement le bourg de Sion tant sur le plan urbanistique que sur le plan sociétal et économique.

Les grands axes du projet

Le projet alternatif porté par les collectifs de citoyens s’appuie sur 7 points forts :

Plan du quartier

Plan du quartier

 

  • Maintien d’un quartier traversant (rue Jeanne d’Arc)
  • Prolongation du centre-ville commerçant
  • Mixité de l’habitat et du bâti
  • Restauration d’une partie du patrimoine
  • Valorisation de l’activité de La Livarde
  • Création d’un équipement public (salles de réunion associative, bibliothèque-ludothèque, bricothèque …)
  • Orientation vers le développement durable (zone non motorisée, énergie solaire, matériaux biosourcés, … )

Le projet qui s’articule autour d’une place publique comprend 7 espaces identifiés: équipement public, la Livarde, habitat et commerces, habitat résidentiel, habitat hôtellerie, détente, patrimoine-restauration de villas.

 

Le projet avance quelques idées d’aménagements et d’utilisation des espaces. Ainsi, au titre des équipements publics, les collectifs citoyens proposent « un espace d’expérimentation scientifique ou encore une salle à destination des associations ». Les locaux de la Livarde pourraient devenir « un éco-musée complété d’un petit chantier naval avec forge et charpenterie marine visibles du public à travers une verrière ». Un gîte relais pour cyclistes et randonneurs pourrait trouver sa place à côté de la place publique créée au cœur du quartier. Une petite structure hôtelière pourrait même voir le jour avec vue à 270° sur la dune, la forêt et la plage de Sion, sans oublier un établissement proposant boisson et restauration. Les collectifs citoyens n’oublient pas non plus que ce quartier a vu naître la première bibliothèque de Saint-Hilaire-de-Riez. Ils proposent l’implantation d’une bibliothèque-ludothèque.

Un patrimoine balnéaire et culturel sauvegardé

Le CPNS relève que les villas significatives du patrimoine balnéaire de Sion (cf plan, aire 7) sont préservées. Dans le cadre de ce projet collecti_sion-chantier_navalalternatif, les villas La Clarté, Ker Suzy, Villa Elisabeth et Ker Emile seraient restaurées. A ce propos, le CPNS rappelle que lors de la réunion-débat qu’il a organisé en novembre sur le thème Propriétaires sur le littoral, le représentant de la Fondation du Patrimoine a indiqué que la Fondation peut accorder son soutien à des projets de sauvegarde du patrimoine public et associatif en participant à leur financement soit directement, soit par le biais de souscriptions. Il suffit donc que la Municipalité ou l’association en fasse la demande. En ce qui concerne la valorisation de l’activité de la Livarde, la Fondation du patrimoine peut également intervenir au titre de la sauvegarde du savoir faire des vieux métiers.

 

Respect de la loi littoral

L’urbanisation présentée par les collectifs citoyens est moins dense que le projet de thalassothérapie. Le CPNS qui vient de suivre une journée de formation proposée par France Nature Environnement sur le thème: Comprendre les dispositions majeures de la loi « Littoral » a été très attentif sur ce point. L’article L. 121-13 du code de l’urbanisme (ex article 146-4 II) qui précise que « dans un espace proche du rivage déjà urbanisé, l’extension de l’urbanisation doit y être limitée », apparaît ici correctement appliqué. C’était l’un des principaux griefs du CPNS à l’encontre du projet municipal qui est source de contentieux potentiel, notamment au niveau de sa surface plancher de 9400m² pour une emprise au sol d’environ 3600m² et de la co-visibilité du bâtiment d’une hauteur de R+4 dans un quartier certes déjà urbanisé mais à dominante pavillonnaire en RDC ou R+1.

Le débat est ouvert

La préservation d’une partie de l’îlot Jeanne d’Arc permet de conserver l’identité et l’histoire de la station balnéaire. Les collectifs citoyens proposent un projet alternatif au projet municipal qui prend en compte les exigences du développement durable en intégrant la dimension environnementale, sociale et économique du quartier. Deux projets sont donc maintenant en concurrence. Le CPNS formule le voeu que la municipalité trouve la voix d’un dialogue constructif avec les associations locales qui proposent des solutions alternatives au seul projet proposé.

 


¹Accès au blog du collectif de défense du patrimoine balnéaire de Sion, cliquer ici

Accès au document de présentation du projet, cliquer ici

 

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