Le CPNS qui participe activement à l’élaboration des documents d’urbanisme du canton suit avec intérêt l’évolution de la révision du plan local d’urbanisme de la commune de Saint-Gilles-Croix de Vie. Le PLU est chapeauté par le Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) qui constitue son cadre de cohérence pour les différentes actions de la ville dans le domaine de l’aménagement, du traitement des espaces publics et de l’urbanisme. Dans le cadre de la procédure d’élaboration du PLU, le CPNS fait partie des personnalités publiques associées habilitées à émettre un avis. Une première réunion s’est tenue, préalablement à la présentation publique qui en a été faite le 21 janvier 2019.

 

Il ressort du PADD présenté une volonté de mise en œuvre du prochain PLU sous l’angle du développement durable

 

La présentation traduit une volonté affichée de stabiliser l’essor effréné de l’urbanisation de la ville et de ses conséquences sur la vie locale. Le PADD s’articule autour de 7 axes dont nous allons faire ressortir les points relevant de la compétence du CPNS.

Axe 1 une ville accessible

La municipalité souhaite rendre la ville accessible en accompagnant la transition vers des mobilités douces. Nous noterons comme points forts le développement des transports en commun, l’ouverture de nouveaux parkings en périphérie (parking du futur lycée pendant les vacances scolaires)…

Chemin de halage-Quai de la République-Baie d’Adon-StGxV

Le maillage des pistes cyclables sera également développé et l’intermodalité favorisée à l’entrée de la gare. Cette volonté louable se heurte cependant ici à l’absence de plan de circulation intercommunale et à la volonté de maintenir le quai de la République en l’état, à double sens de circulation, ce qui contraint la ville de Saint-Gilles-Croix-de-Vie à envisager de faire passer la piste le long du chemin de halage situé sur le quai de la baie d’Adon en édifiant un platelage en encorbellement suivant le modèle du quai Garcie Ferrande. Nous sommes opposés à une telle solution qui masquerait la partie historique du port et banaliserait la baie de l’Adon.

 

Axe 2 une ville naturelle

Le PADD affiche la volonté de préserver et amplifier la trame verte et bleu. Il tient compte, notamment, de la requalification des cours d’eau actuellement en cours et à laquelle participe le CPNS (voir notre article). Il souligne l’importance des cours d’eau en tant que corridors de biodiversité, notamment le Jaunay, le Maréchet, le Grenouiller. Sur ce dernier, le CPNS sollicite inlassablement le syndicat des marais Vie et Jaunay pour sa remise en bon état écologique, sans que ce dernier n’ait trouvé les fonds nécessaires à sa réhabilitation.

Au niveau de la trame verte, la commune souhaite préserver la trame des haies bocagères ainsi que les lisières de l’enveloppe urbaine. A notre niveau, nous remarquons la traduction de cette volonté à travers le projet d’écoquartier dans le secteur de La Croix (voir notre article) et au niveau de l’inventaire des haies et mares initié par la Ville et actuellement en cours d’élaboration, actions auxquelles est associé le CPNS. La municipalité veut également renforcer la végétalisation de la ville afin de lutter contre une minéralisation excessive, source d’imperméabilisation des sols et de renforcement de l’élévation de la température ambiante. Nous avons déjà eu l’occasion de manifester notre satisfaction sur ces points (voir notre article).

Par contre nous constatons que l’inspecteur patrimonial a refusé la demande de révision du périmètre de la ZPPAUP (site patrimonial remarquable) formulée par la municipalité qui n’entend pas s’opposer à cette décision pour des raisons très pragmatiques (délais des recours et absence de jurisprudence). Pas moins de 150 points intéressants ont été identifiés qui, certes, feront l’objet d’une obligation de déclaration de travaux préalable ; mais cette « protection » n’entrainera pas d’effets coercitifs. La pression foncière est telle sur notre territoire que cela n’augure rien de bon.

Axe 3 une ville active

Au delà des développements purement économiques, nous relevons dans ce chapitre quelques points intéressants comme l’ambition de maintenir les terres agricoles existantes et d’encourager les jardins familiaux ou partagés, favoriser le développement des circuits courts, conforter la qualité paysagère en environnementale de la plage…

Axe 4 une ville solidaire

Chapitre un peu bateau où nous retrouvons les grands poncifs du genre : habitat adapté, équipements pour tous, mixité sociale et urbaine… ainsi que l’accessibilité de tous les espaces publics, y compris aux personnes à mobilité réduite. Avec une population vieillissante et une mobilité plus grande des personnes en situation de handicap, ce volet mériterait d’être développé et inscrit comme un axe prioritaire de l’aménagement urbain. Une traduction au niveau d’un plan d’actions serait la bienvenue.

Axe 5 une ville exemplaire

La volonté affichée est de faire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie une référence en matière d’écologie urbaine. Pour ce faire, la municipalité entend notamment promouvoir une architecture bioclimatique répondant aux critères de haute qualité environnementale et de la performance énergétique. On aimerait bien avoir le point de vue de la municipalité sur la politique en la matière menée par l’intercommunalité qui est loin de cette exigence (le cas d’école en est la nouvelle piscine intercommunale,voir notre article). Ses actions tendront aussi vers l’économie des ressources naturelles avec une gestion raisonnée des eaux de ruissellement (limiter l’imperméabilisation des sols, favoriser la récupération des eaux pluviales…), favoriser le compostage… Nous ne demandons qu’à y croire.

Axe 6 La ville structurée, maîtriser le développement urbain

On retiendra une habituelle logique d’économie de l’espace avec une densification plus dense dans le centre ville et une priorisation au renouvellement urbain et à la rénovation de l’existant. La municipalité sera mise à l’épreuve à l’occasion des futurs projets d’extension de l’urbanisme (éco-quartier, friche de l’ancien Leclerc…)

Le PADD retient un objectif de croissance démographique conduisant à une population de 10.000 habitants à l’horizon 2029, soit 131 logements à produire par an pour un total de 1418 nouveaux logements en 2030. 44% de ces logements interviendraient en comblement de la capacité résiduelle ou en densification ( dents creuses, friches…) ; les 56% restant interviendront en zone à urbaniser. Ainsi le PADD prévoit une consommation foncière à vocation habitat de 1,97 hectare par an. Cette consommation, inférieure à la consommation autorisée par le SCOT, représente tout de même 27,4 hectares d’ici 2029. Le PADD met en avant cette réduction de 44,3% de la consommation foncière par rapport au PLU opposable qui a consommé près de 50 hectares. Certes, mais à ce petit jeu, personne ne dit quand nous aurons consommé TOUT notre espace ?

Axe 7 une ville au cœur de l’agglomération

Il s’agit ici, pour la municipalité, d’affirmer le rôle moteur de la ville au sein de la communauté de communes. On retrouve dans ce chapitre assez léger l’encouragement du développement de l’offre en transports collectifs mais on y relève surtout l’absence de référence à un éventuel plan de circulation intercommunal.

 

Conclusion très provisoire

Il ressort du PADD présenté une volonté de mise en œuvre du prochain PLU sous l’angle du développement durable. A ce stade, nous notons que ce document reste à objectif rédactionnel et n’emporte pas de contraintes autre que morales. On attendra donc sa traduction réglementaire pour porter un jugement définitif.