La redevance incitative n’est pas seulement un mode de financement visant à réduire la quantité de déchets dans les poubelles, ce doit être un levier pour réduire la production des déchets à la source, optimiser la gestion et le recyclage des déchets produits, améliorer la maîtrise des coûts et baisser la facture individuelle.

 

Lors de sa réunion du 5 février 2015, le conseil communautaire de la communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie s’est prononcé en faveur de la mise en œuvre d’une redevance incitative du service de collecte et de traitement des ordures ménagères au 1er janvier 2017 (REOMI). La suppression de la taxe des ordures ménagères est donc actée pour le 31 décembre 2016. D’ici là, le conseil communautaire devra définir les conditions d’application de cette REOMI et les tarifs opposables aux contribuables.

Le journal OUEST-FRANCE a ouvert un forum sur la question : Et vous qu’en pensez-vous? Voici la contribution du CPNS :

Tarification incitative: est-ce une fin en soi?
La réduction de la production des déchets est un engagement du Comité pour la Protection de la Nature et des Sites qui agit pour un changement des comportements individuels et collectifs. Au chapitre des enjeux financiers, la REOMI et l’amélioration du tri des déchets ont un rôle déterminant, ils expliquent par exemple les résultats plutôt satisfaisants obtenus par la Communauté d’agglomération La Roche-sur-Yon. La Communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie annonce qu’elle adhère à la REOMI, mais son argument nous paraît un peu réducteur. La REOMI n’est pas seulement un mode de financement visant à réduire la quantité de déchets dans les poubelles, ce doit être un levier pour réduire la production des déchets à la source, optimiser la gestion et le recyclage des déchets produits, améliorer la maîtrise des coûts et baisser la facture individuelle. Mettre en place la REOMI, selon le principe pollueur-payeur, ne règle pas tout. Voici quelques pistes de réflexions inspirées par cette décision:

Quelques éléments de réflexion à partager

-la qualité du service aux usagers sera-t-elle meilleure ?
-comment cela fonctionnera pour l’habitat collectif vertical ?
-qui paie les éco-contributions, les entreprises ou les citoyens ?
-quelle incidence de la REOMI sur les déchetteries ?
-quelle est l’efficacité des filières de recyclage ?
-que font les collectivités pour la prévention des déchets ?
-comment et où le citoyen s’informe-t-il sur les marchés, les opérateurs, le traitement des déchets ? Sur les coûts et modes de financement de la gestion des déchets de sa commune ?

Le CPNS est mobilisé
Mieux comprendre la tarification incitative et la gestion des déchets favorise l’adhésion aux enjeux que sont la prévention, la gestion, le tri, le recyclage et l’élimination des déchets. Pour que la REOMI se développe de manière « apaisée » la collectivité porteuse doit communiquer et accompagner son initiative d’explications et de conseils.
Les associations de protection de l’environnement ont un rôle de sensibilisation à jouer auprès des usagers, c’est ce que fait le CPNS depuis 3 ans dans le cadre de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets, la dernière fois en organisant un Repair Cafe, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, avec le soutien de France Nature Environnement.