« la mer n’est pas une poubelle ! Nous ne pouvons plus accepter de déverser sur les fonds marins et dans le milieu des tonnes de déchets souvent lourdement pollués !Face à la multiplication des projets, l’Etat doit faire du développement des alternatives au clapage une priorité nationale».
 
                                                                                         Denez L’Hostis, Président de France Nature
                                                                                               Environnement (CP du 18/05/2016)
 
 
 

La ville de saint-Gilles-Croix-de-Vie comprend deux zones portuaires destinées à la pêche et à la plaisance. Situés à l’embouchure de La Vie et au point de confluence de La Vie et du Jaunay ces deux ports sont soumis aux courants et subissent un envasement régulier variant de 40 à 60 cm par an. Cet envasement nécessite des opérations de dragage récurrentes menées par la Société d’économie mixte, propriétaire de la drague.

LE DRAGAGE : une mesure dérogatoire au droit environnemental

En ce qui concerne le pays de Saint Gilles, nous relevons que le dragage est une opération dérogatoire au droit environnemental. De ce fait, elle doit être autorisée par le préfet de la Vendée pour chacune des campagnes et pour une période donnée.

Les rejets du dragage du port de pêche et de plaisance se font sur la plage de Saint Gilles, ce que le CPNS a toujours dénoncé. Les incidences potentielles sur le milieu naturel engendrées par le  dragage du port concernent principalement les risques de remise en suspension des sédiments  en phase d’extraction ( de 50 à 100 000 m3) et de rejet dans le milieu aquatique  en étouffant des habitats et espèces sous-marines et perturbant la transparence des eaux.

Les vases du port sont contaminées par le bassin versant de la Vie avec ses affluents, le Jaunay, le Grenouillet, le Ligneron qui traversent des plaines de polyculture et d’élevage dont les eaux sont chargées en produits phytosanitaires ( produits de traitements, engrais, etc… ) A cette pollution s’ajoute le risque éventuel de déversements accidentels issue de l’usine de méthanisation de Givrand. Lors des opérations de dragage de nos ports, les boues ne sont pas rejetées par clapage en mer comme dans beaucoup d’exemples, mais sur notre littoral. 
ce que vous ne voyez plus: rejet aérien avant enfouissage du tuyau de rejet des boues de dragage -Grande plage de St Gilles Croix de Vie

Archive: rejet aérien avant enfouissement du tuyau de rejet des boues de dragage -Grande plage de St Gilles Croix de Vie

Malgré les dénégations des responsables locaux, nous relevons que la pêche à pied est interdite « pour raison de sécurité sanitaire » pendant la durée des campagnes dragage et que celles-ci ont lieu en dehors des périodes estivales afin de ne pas nuire à l’activité touristique mais aussi pour minimiser les risques d’intoxication; ce qui constitue une sage précaution si on en croit les surfeurs qui se plaignent désormais de manière récurrente d’irritations ou autres désagréments de santé lorsqu’ils surfent pendant la campagne de dragage alors même qu’ils évoluent en dehors de la zone interdite.

 

Le CPNS qui ne peux pas accepter et cautionner ces opérations est favorable à des solutions de traitement et valorisation de ces déchets à terre.

 

 DRAGAGE : UNE POLLUTION INAVOUÉE

Dans un communiqué de presse du 18 mai 2016, France Nature Environnement demande que « le gouvernement prenne, enfin, en charge le dossier des opérations de dragage des sédiments marins et estuariens qui menacent nos écosystèmes ».

 


 

Reproduction du communiqué de presse de France Nature Environnement en date du 18 mai 2016

DRAGAGE : UNE POLLUTION INAVOUÉE

Malgré les dispositions du Grenelle de la mer et les engagements des dernières conférences environnementales, la gestion des sédiments de dragage n’est toujours pas durable, et l’immersion en mer de ces sédiments ne fait l’objet d’aucune remise en question sérieuse par le gouvernement français. Face à l’augmentation du nombre d’opérations de dragage, France Nature Environnement (FNE) demande que le gouvernement prenne, enfin, en charge le dossier des opérations de dragage des sédiments marins et estuariens qui menacent nos écosystèmes.

 

Passer des paroles aux actes !

Le dragage et le rejet de boues et sédiments pollués, opérations qui consistent à extraire des sédiments situés sur le fond d’un plan d’eau pour permettre notamment la navigation dans les ports, conduisent à disperser des substances polluées accumulées durant des années et/ou à rejeter des blocs vaseux qui étouffent des habitats et espèces sous-marines et perturbent la transparence des eaux. Ces opérations sont donc néfastes pour l’environnement. Pourtant, la prise de conscience de l’impact environnemental des opérations de dragage a été relativement récente. En 2009, un engagement du Grenelle de la mer demandait l’interdiction du « rejet en mer de boues de dragage polluées via la mise en place d’une filière de traitement de boue et de récupération des macro-déchets associés » et à « faire évoluer les pratiques d’entretien des estuaires, espaces portuaires et chenaux d’accès et les modalités de gestion des sédiments et boues de dragage ».Force est de constater qu’aujourd’hui, rien n’a réellement changé et que le nombre d’opérations de dragages s’est intensifié. En effet, chaque année, en France, 50.000.000 mde sédiment sont dragués et 90% de ces dragages ont lieu dans des ports estuariens ! Quant au devenir de ces sédiments dragués : 95% sont immergés et 5% sont gérés à terre.

Face à ce constat, en s’appuyant sur les projets européens existants, FNE appelle le gouvernement à prendre en main, dès maintenant, un ambitieux programme de recherche-développement pour créer une vraie filière de valorisation des sédiments puis d’élimination des boues de dragage. Il faut faire du développement des alternatives au clapage (rejets en mer) une priorité nationale et améliorer les modalités des dépôts à terre par des démarches à une maille territoriale pertinente.

Sur le terrain, une multiplication des projets

FNE et ses associations présentes dans les territoires s’inquiètent de l’augmentation du nombre d’opérations de dragage qui trouve notamment sa justification dans l’augmentation de la taille des navires et par conséquent de la taille des ports de commerce et de plaisance. Dernier exemple en date, le projet de dragage du port de Bayonne qui prévoitle dragage de1.025.000 m3 de sédiments par an, pendant 10 ans, pour permettre la navigation et l’accostage de bateaux de 20.000 tonnes ! Les sédiments seraient essentiellement rejetés en mer, d’une part au large à 4 km à l’ouest de l’embouchure de l’Adour et d’autre part le long de la plage balnéaire d’Anglet. Le projet concerne trois sites Natura-2000 et une Zone de Protection Spéciale.Que penseront les estivants quand ils apprendront que les plages et l’eau sont polluées par les boues de dragage du Port de Bayonne ?La SEPANSO Aquitaine, soutenue par FNE,s’opposevigoureusement à ce type de gestion irresponsable comprenant des rejets de sédiments pollués dans les eaux côtières.Ainsi, FNE préconise une meilleure conciliation de la préservation de la biodiversité et du développement des activités en promouvant le développement de filières de valorisation à terre des sédiments dragués en alternative à la pratique de l’immersion.

Pour Denez L’Hostis, Président de France Nature Environnement : « la mer n’est pas une poubelle ! Nous ne pouvons plus accepter de déverser sur les fonds marins et dans le milieu des tonnes de déchets souvent lourdement pollués !Face à la multiplication des projets, l’Etat doit faire du développement des alternatives au clapage une priorité nationale».

 

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