Mlle Bridier, Présidente du CPNS de 1980 à 2000 avec Benoît GRAUX, président actuel.

 

Comment rendre hommage à une grande dame qui a tant fait pour

protéger l’environnement de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et ses environs ?

Samedi dernier Mademoiselle Bridier nous a quittés pour d’autres rivages ; 101 énième année, on s’y attendait un peu mais quand même…

Comment rendre hommage à une grande dame qui a tant fait pour protéger l’environnement de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et ses environs ? En reprenant la lecture des bulletins, je me suis attardé sur 1980, celui dans lequel la fondatrice du CPNS, Marie-Claude Verley-Alibert, fait l’éloge de Monsieur Pompon qui cède la présidence à Mademoiselle Bridier ; l’éditorial de la nouvelle présidente donne le ton « l’écologie n’est ni une manie, ni une mode, c’est une philosophie de la vie fondée sur le respect des équilibres naturels menacés par l’homme » Quatre années avaient passé depuis l’idée saugrenue de restaurer la dune de la Garenne, les sceptiques qui ricanaient alors se sont inclinés devant l’évidence, ça a marché. Le bulletin 1980 rend justice à ces écologistes précurseurs.

Accéder au bulletin : CPNS BUL 1980 Extrait

La dune de la Garenne est fixée, lisons nous page 7 : une prouesse soulignée par les grands spécialistes du littoral comme Paskoff ; la bonne vieille recette a fonctionné : remodelage de la dune, pose de ganivelles, plantation d’oyats et contrôle de la fréquentation humaine.

L’implantation des promenades piétonnes prend forme le long de la Vie et du Jaunay ; le CPNS y a consacré l’essentiel d’une subvention de 20000fr reçue en 1980. Ceci nous entraîne sur la commune Le Fenouilller où des riverains de la Vie se plaignent de décharges sur vasière et d’empiétements sur le lit majeur de fleuve ; la justice y mettra bon ordre.

En page 1, nous apprécions la déclaration de Monsieur Dornano, ministre de l’environnement de l’époque, la suite beaucoup moins :

1) aucun permis modificatif ne serait délivré à la société Merlin devant la grande plage de St-Gilles

2) désormais aucun rejet de vase provenant du port de plaisance ne serait effectué sur la plage de St-Gilles

Si le premier point est un succès (un peu tardif), ce n’est pas vrai pour le second car les rejets des boues de dragage sur la plage de St-Gilles créent toujours la polémique en 2015.

Le CPNS, à peine vieux de 7 ans, l’âge de raison, participe déjà à des réunions et comités départementaux et régionaux. C’est toujours vrai. Déjà en 1980 il s’inquiète de l’urbanisation galopante, de la consommation d’espaces, de la qualité de l’accueil touristique, de la pollution des eaux de la Vie et du Jaunay ; cette dernière problématique est toujours d’actualité !

Une attention est accordée à l’activité agricole qu’il faut préserver, et à la transition énergétique qui n’a pas encore trouvé son identité : le chauffage solaire et les digesteurs à biogaz sont abordés sur un constat : la France est en retard ; en 2015 c’est encore vrai.

Brétignolles demain ; l’article traite des fermes agricoles et de l’espace dunaire littoral qui appartient à des particuliers : malheureusement tout ne pourra pas être soustrait à l’urbanisation. Il n’est pas encore question d’un projet de port en eau profonde.

Et pour finir, la lettre du trésorier (elle occupe 2 des 17 pages du bulletin) qui se plaint que ça ne rentre pas suffisamment ! ça n’a pas changé en 2015 !

Finalement la lecture de ce bulletin 1980 pourrait laisser l’idée que rien n’a changé, mais en réalité d’importants progrès ont été réalisés, notamment la prise de conscience collective qu’on ne peut continuer à détruire sans discernement les espaces naturels et agricoles, à consommer sans modération les produits de la Terre et compromettre la survie de l’espèce humaine.

Et aujourd’hui ? Je détiens un mot manuscrit de Mademoiselle Bridier qui, de son écriture penchée, me félicitait du travail réalisé par l’équipe actuelle du CPNS. Je me contenterai de ce satisfecit.

Matelot, garde le cap !

 

Benoît GRAUX

Président

 

Vidéo : entretien avec Mlle BRIDIER  – 15 septembre 2012