A ce stade de notre connaissance du dossier, l’essentiel est de conserver l’architecture d’un bâtiment figurant parmi les plus anciens de la ville et classé « édifice d’architecture remarquable ». Nous aurions préféré une solution permettant le maintien dans le patrimoine communal de l’ensemble du bâti historique expurgé de ses annexes.

A l’occasion de ses vœux à la population, le maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a annoncé son intention de vendre ce bâtiment communal. Selon le maire, la façade serait sauvegardée et le parking resterait propriété de la ville.

Depuis plusieurs années le CPNS suit avec attention ce dossier. Lors de l’entretien qu’il nous avait accordé après les élections, le nouveau maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie nous avait laissé entendre que les finances de la commune de lui permettraient pas de mener de front les projets de réhabilitation du Château et la sauvegarde de la ferme de la Félicitée. Dès lors que ce dernier projet était écarté par le classement de la propriété en zone rouge, la sauvegarde du Château paraissait envisageable. Hélas, il semble que les finances communales soient trop exsangues, d’autant plus que les deux églises de la ville nécessitent des travaux importants et immédiats. Monsieur le Maire nous assure cependant que la façade du Château sera sauvegardée. Quant au parking, celui-ci resterait propriété de la ville. A ce stade de notre connaissance du dossier, l’essentiel est de conserver l’architecture d’un bâtiment figurant parmi les plus anciens de la ville.

 

En ce qui concerne les incidences de la privatisation, la question de l’avenir de ce quartier se pose en terme d’accès et de stationnement selon que le projet est de créer des logements et/ou des activités commerciales. Le CPNS sera également attentif au souci d’intégration des aménagements éventuels au site urbain et à la proximité de la Vie, et à l’entretien des abords sur la durée.

 

QUE DISAIT L’ENQUÊTÉ PUBLIQUE MENÉE 2007

Le commissaire enquêteur a émis un avis favorable pour la création du Périmètre de Restauration Immobilière et un avis favorable pour la demande de Déclaration d’Utilité Publique pour les travaux de restauration, assorti des trois réserves suivantes:

1. afin de répondre à la mixité sociale inscrite dans la loi SRU, exiger du promoteur que 20% des logements construits sur l’ensemble du site soient réservés à des ménages aux revenus modestes.
2. parallèlement à la restauration et à la construction d’un bâtiment nouveau, la commune devra s ‘engager, au même moment, à réhabiliter et à mettre aux normes la salle de 170 m2 située au sud et accolée au « Château ». Cette salle à vocation culturelle pourra servir de salle de réunion, salle d’exposition ou musée.
3. que la commune s’engage par une opération de voirie, au moment de la mise en œuvre.

 

LE CHÂTEAU DANS L’HISTOIRE COMMUNALE

Le bâtiment daté du XVII° siècle, constitue un élément patrimonial historique de première importance pour la commune. Nous devons le château à Nicolas DANIAU,

1Colonie-des-Houillere-dite-Le-Chateau

seigneur de Saint Gilles et conseiller au parlement, qui le fît construire en 1684 sur l’emplacement d’un hôtel familial. La date de construction  figure sur l’un de ses pignons. Un plan de 1690 positionne le château avec une haie d’ormeaux de près de 500m allant jusqu’à la Cour Rouge. Le château restera propriété de la famille DANIAU jusqu’en 1737, année où le nantais Jean PIOU, secrétaire du Roi, en fait l’acquisition. A la révolution, le château appartient à Joseph CAHOUET de MAROLLES. Puis plusieurs propriétaires se succéderont de 1834 jusqu’à son acquisition par les Houillères d’Auvergne qui le transforment en colonie.

Les transformations successives et l’absence d’entretien notoire de l’immeuble ont contribué à défigurer le bâtiment principal. Cependant une superbe charpente, un escalier remarquable et une porte avec ouverture plein cintre retiennent l’attention. A ces considérations architecturales se greffe l’attachement de la population à l’un des rares patrimoines qui la relie à son passé pré-révolutionnaire.

En 1996 la municipalité achète la colonie des Houillères pour environ 122.000 euros afin d’y implanter une salle de cinéma. Ce projet ayant été abandonné, la commune essaie alors d’y constituer le siège social de la communauté de communes, puis enfin se résout à conserver le Château dans son patrimoine.

En 2005 la municipalité de l’époque signait une promesse de vente des parcelles concernant le château et sa cour attenante, cadastrées AB 514p (AB 525) et AB 513 pour un montant de 502.113 € à la société ADIM Ouest. Compte tenu que le Château est en Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP), il ne peut faire l’objet que d’une réhabilitation. Il était donc projeté la réalisation d’une opération de restauration immobilière visant à la conservation du patrimoine architectural et historique. Afin de permettre le financement de ce projet, un périmètre de restauration immobilière a été créé, rendant le projet éligible au titre des aides de réhabilitation « loi Malraux » sur le bâtiment ancien. Cette procédure permet la défiscalisation sur des bâtiments d’intérêt patrimonial.

En 2006, l’association des Amis du Château de Saint Gilles est créée. Présidée par Jean-Pol GIROT -élu depuis conseiller municipal sur la liste majoritaire- cette association a pour but de « Promouvoir la sauvegarde architecturale du Château de Saint Gilles Croix de Vie, encourager le devenir de cet édifice historique et la réalisation d’un lieu artistique et de culture. » Contact

Bon à savoir : pour plus de renseignements sur l’histoire du château, lire « Le château de Saint-Gilles » de Thérèse Kleindienst, Société d’Histoire et d’Etudes du Pays Challandais, Juin 1999 (extrait disponible aux archives municipales de la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie)