le journal  Ouest-France daté du 17 janvier annonce « Sur la dune, une coulée noire qui inquiète » et  Le Courrier-Vendéen du 19 titre « Dune de la Garenne: une fuite impressionnante, mais sans danger« 

 


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Article issu de l’édition de Challans – Saint-Gilles-Croix-de-Vie du mardi 17 janvier 2017
Sur la dune, une coulée noire qui inquiète

La vidéo a déjà été vue plus de 100 000 fois sur Facebook. La semaine dernière, une coulée noire est apparue sur la dune de la Garenne. En cause : le dragage du port.

La polémique Que s’est-il passé la semaine dernière ? 
Le 11 janvier, un promeneur découvre avec étonnement un tuyau qui, sans discontinuer, projette un jet noir liquide sur la dune de la Garenne. Des images impressionnantes. Il diffuse en direct la vidéo sur Facebook. C’est l’emballement. Depuis, la séquence a été vue 103 000 fois et partagée plus de 1 950 fois. Les commentaires pleuvent :« C’est complètement fou », « c’est horrible », « c’est une catastrophe », « lamentable, plus de respect de l’homme pour son environnement » …

D’où vient le problème ? 
Les images font immédiatement penser à du pétrole qui, mètre après mètre, dévale la dune et rejoint la grande plage. Mais ce n’est pas cela. Il s’agit« de l’eau chargée des sédiments du port », explique Bruno Vincent, le directeur de la SemVie, qui gère le port de plaisance. La faute à« une fuite » survenue lors du dragage. Cette opération est menée, chaque année, pour nettoyer le port du sable et des boues qui l’encombrent. Ces sédiments sont acheminés par des conduites, passant par la dune, avant d’être rejetés en mer, du côté de la grande plage. Sauf que c’est justement dans« la conduite de dragage principale » qu’est survenu le problème. D’où ce jet noir jaillissant.

Ces sédiments sont-ils dangereux ? 
Les avis sont partagés. Le directeur de la SemVie s’appuie sur les analyses sédimentaires, effectuées chaque année par les services de l’État, qui montrent que« les sédiments du port de Saint-Gilles sont considérés comme inertes ». C’està-dire qu’« on peut trouver les mêmes types de sédiments qu’à la base de loisirs des Vallées. Que ce soit en métaux lourds, en hydrocarbures, en tributylétains… » Ceux-ci sont, chaque année, largement inférieurs aux normes exigées pour les rejets en mer. Néanmoins, l’association Surfrider et les Gardiens de la côte ont déjà tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. Pour eux, le dragage créé une pollution dangereuse pour la santé« car les vases contiennent très souvent un grand nombre de polluants » dénoncent-ils (voir Ouest-France du 15 mars 2016). Idem pour France Nature Environnement qui pointait, en mai 2016,« une pollution inavouée ». 

Quelles sont les conséquences de la fuite pour la dune ? 
Elles sont moins importantes qu’en 2014, quand un acte de malveillance avait provoqué le même type de problème.« Des branchages avaient été enterrés pour solidifier le soussol de la dune », rappelle Bruno Vincent. Car en cas de ruissellement pendant plusieurs heures,« la dune peut être entamée ». L’incident de la semaine dernière, moins important, a fait disparaître les oyats d’une petite zone de la dune. Quant au Comité pour la protection de la nature et des sites (CPNS), il se pose beaucoup de questions sur la sécurité de l’installation.« À quand remonte un contrôle du matériel ? Qui délivre la conformité du matériel ? Comment évaluer le dégât écologique de la dune ? Et quelle compensation mettre en œuvre ? », se demande Marie-France Simonnet, la présidente, qui demande une« réunion exceptionnelle du comité de suivi ». 

Les opérations de dragage sont-elles sous surveillance ? 
Oui. Des contrôles sont effectués, trois fois par jour, le long des conduites. Le comité de suivi, évoqué plus haut, se réunit aussi chaque mois. Il rassemble le CPNS, l’association Vie, les surfeurs, le club de char à voile, la Ville, le Département… Et puis chacun est invité à signaler un incident, s’il en est témoin, pour qu’une intervention puisse avoir lieu au plus vite.« La personne qui a fait la vidéo a dû filmer vers 13 h 30, a pris le temps de la mettre sur Facebook mais n’a pas pris la peine d’alerter les secours », déplore Bruno Vincent. Au final, l’intervention s’est déroulée vers 14 h 30.

Marylise KERJOUAN. 

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Article issu de l’édition de Challans – Saint-Gilles-Croix-de-Vie du mardi 17 janvier 2017

Sans dragage, des risques d’inondations

Des travaux nécessaires 
Les travaux de dragage sont nécessaires.« Pas seulement pour le port de pêche ou de plaisance mais pour tout le monde », insiste Bruno Vincent,« car, si cela venait à se boucher, avec les deux rivières qui continuent à arriver et qui déposent 50 000 m3 de sédiments par an …» En clair, les inondations pourraient avoir des conséquences dramatiques. Néanmoins, le système n’est pas idéal.« C’est une zone fragile et c’est une installation complexe », reconnaît le directeur de la SemVie, à la merci« d’incidents techniques, d’actes de malveillances ou de tempêtes aussi ». 

Deux autres solutions possibles 
La solution actuelle coûte 500 000 € par an. Aujourd’hui, deux autres options existent. À commencer par le clapage en mer. Dans ce cas,« on démonte les pontons, on fait venir des pelles, on charge les sédiments sur des bateaux et on va claper en mer ». Une méthode qui a aussi ses détracteurs (notamment pour les rejets en pleine mer) et qui engendre« un surcoût de 700 000 € ». L’autre option serait un traitement à terre. Là, il s’agirait de charger les sédiments sur des camions et de les traiter à terre. Avec un surcoût estimé« entre 2,5 et 3 millions d’euros par an » , soit« plus que le chiffre d’affaires du port ». Sans compter le trafic de« 4 000 camions par an dans les rues de Saint-Gilles », indiquait le maire François Blanchet, interrogé l’an dernier à ce sujet.


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Article issu du Courrier vendéen, édition du 19 janvier 2017
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