“  peut-on vraiment parler de remise à plat du projet et de liberté de choix d’un aménageur privé ? ”

 A la suite du conseil municipal de Saint-Hilaire-de-Riez du 28 octobre 2016, la presse locale du jeudi 3 novembre fait état d’un nouveau projet commercial sur l’île aux jeux.

Historique du contentieux

En juin 2013, les citoyens découvrent qu’un projet commercial sur l’Île aux jeux initié par M.le Bot et ses sociétés Mayumba, Mandji,Sindara a été étudié par la Commission Départementale d’ Aménagement Commercial (CDAC). Le CPNS -qui avait recueilli en juillet 2012, plus de 500 signatures sur sa pétition de maintien d’un parc public ouvert à tous- dépose un recours avec le Collectif de défense de l’espace de loisirs « île aux jeux » auprès de la Commission Nationale d’Aménagement Commercial (CNAC) qui annule en novembre 2013 la décision de la CDAC pour des motifs environnementaux: accroissement de l’imperméabilisation des sols dans un secteur sujet aux inondations, augmentation du trafic routier pour un projet qui ne contribue pas à l’animation de la vie urbaine, …

Le pétitionnaire et la Ville font appel de la décision de la CNAC auprès tribunal administratif (TA ) qui, à notre grande surprise, prend le contre-pied de la CNAC dont elle condamne la décision. L’histoire se répète 2 ans après : le pétitionnaire revoit sa copie et présente le même projet avec quelques améliorations paysagères: la CNAC refuse de nouveau le projet en novembre 2015.

Le maire de Saint-Hilaire-de-Riez s’exprime alors dans la presse pour mentionner qu’il souhaite tout remettre à plat et qu’il préférerait un projet beaucoup plus intégré dans son espace paysager (Ouest-France du 24/11/2015). Il ajoute (le Courrier Vendéen du 26/11/2015) que « ce n’est pas à un aménageur privé de décider seul de l’aménagement de cette zone« . Le CPNS et le Collectif pensent alors qu’une réflexion avec les habitants va permettre de conserver une partie de ce parc public. Mais début janvier 2016, nous apprenons avec déception le dépôt d’un nouveau recours contre le 2ème refus de la CNAC par le pétitionnaire mais aussi par la Mairie. Le CPNS s’étonne alors de cet écart entre l’annonce d’une remise à plat du projet et la volonté de « poursuivre » l’ancien projet. Nous comprenons que le pétitionnaire pour faire aboutir son souhait de transporter sa jardinerie de l’autre côté de l’avenue de l’Isle de Riez a besoin de l’entente de la Municipalité pour, notamment, assurer la maîtrise du foncier qui appartient toujours au domaine privé de la Ville.

 

Un nouveau projet commercial peu innovant

Lors du conseil municipal du 28 octobre 2016, les élus ont autorisé les porteurs du projet à le présenter devant la Commission Départementale d’Aménagement Commercial. Il vise à réaliser une jardinerie de 5 800m2 dont 5 220m2 de surface de vente complétée par une zone de commerces de détail d’environ 3 800m2. Le parking serait situé avenue de l’Isle de Riez. En toute logique avec les déclarations précédentes (voir historique) le nouveau projet commercial devait présenter une meilleure intégration paysagère, or d’après le peu d’informations rendues publiques lors du conseil municipal, nous constatons que les surfaces de vente sont de taille similaire à celle du premier projet (8640 m² au lieu de 8681 m²) .

 

Une concession à l’environnement peu convaincante

Selon la déclaration du maire de la commune, le parking prévu pour 200 places sera enherbé. Bien qu’appréciant ce type de parking pour les stationnement en ville, nous restons dubitatifs lorsqu’il s’agit de parkings attachés à des commerces: comment faire rouler les caddies jusqu’aux voitures, salissure des chaussures…. Malheureusement, l’expérience montre que les parkings enherbés, c’est du goudron assuré à l’avenir. Nous en voulons pour preuve un essai sur le parking face à la Poste de Saint-Jean-de-Monts, il y a bien 15 ans, qui s’est assez vite transformé en espace relativement boueux et qui a donc été macadamisé ; plus récemment un projet sur le parking du nouveau Super U de Saint-Jean-de-Monts (enquête publique), a rapidement été abandonné pour lui préférer du revêtement en dur. Accessoirement, nous notons que cette autorisation ferme la porte à d’autres porteurs de projet. A ce stade, peut-on vraiment parler de remise à plat du projet et de liberté de choix d’un aménageur privé ?


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