La presse locale s’est faite l’écho de l’émoi des pêcheurs professionnels suite à la diffusion d’une vidéo émise par l’organisation non gouvernementale anglo-saxonne Sea Shepherd montrant deux chalutiers vendéens ayant remonté dans leurs filets deux dauphins (un dauphin mort et un dauphin blessé). Au delà d’un message provocateur destiné à alerter l’opinion public et les décideurs, force est de constater que cette espèce n’est pas protégée à la hauteur des dangers la menaçant. Selon le journal Ouest-France «l’observatoire Pelagis, rattaché à l’Université de La Rochelle et au Centre national de la recherche scientifique, avait relevé en 2017 près de 800 dauphins échoués sur la côte atlantique française en février-mars, un record, pour un total de 4 000 cétacés morts en mer».

France Nature Environnement (FNE) recense en ce début d’année 300 échouages de petits cétacés morts sur la façade Atlantique, dont 80 % de dauphins communs. France Nature Environnement et ses associations s’alarment de la passivité de l’Etat français face à ce fléau et demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour stopper ce massacre. Pour FNE qui met en cause les techniques de pêche au chalut pélagique en bœuf, on ne peut plus qualifier cette surmortalité d’« accidentelle ».

 

« L’ampleur de cette mortalité des dauphins due aux captures dans des engins de pêche est extrêmement inquiétante. Il dépasse le seuil de 1,7% de mortalité d’une population d’environ 180 000 dauphins communs vivant près du talus continental, engageant à terme la disparition de cette population. La responsabilité principale revient aux chalutiers pélagiques utilisant des filets traînés par un ou deux bateaux. Ils remontent à la surface les bars mais aussi des dauphins qui chassent les petites espèces de poissons dont se nourrissent les bars. Cette pêche intervient de plus sur des zones de reproduction du bar, un non-sens écologique »

Denez L’Hostis, Président d’honneur de France Nature Environnement.

 

En conséquence de quoi et pour être force de propositions, FNE demande à intégrer groupe de travail sur les mammifères marins mis en place par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire et le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en 2017. Si les pouvoirs publics et les professionnels de la pêche y sont largement représentés, la société civile en est la grande absente. FNE entend réclamer:

  • L’interdiction de la pêche au chalut en bœuf et au chalut pélagique au moment de la reproduction du bar.
  • Faire respecter le règlement européen 812/2004. L’article 6 stipule que les Etats membres doivent adresser chaque année à la Commission Européenne un rapport annuel complet sur la mortalité des cétacés dont les dauphins, ce que la France ne fait pas.
  • La mise en place d’un vrai programme de recherche sur l’utilisation de systèmes d’effarouchement pour la pêche pélagique

Lire le communiqué complet, cliquer ici

 

Aller plus loin

Ré Nature Environnement et Nature Environnement 17, portés par l’ensemble des associations France Nature Environnement du Golfe de Gascogne, publie sur le net un document aidant à reconnaitre les marques de la pêche sur les cétacés. Répondant à cet appel , nos amis de l’Association de defense du littoral jardais étaient vendredi dernier aux côtés d’un huissier avec un représentant du réseau national d’échouage des dauphins, pour constater l’échouage d’un individu sur la plage de Madoreau à Jard-sur-Mer.

Lire le dossier : « Reconnaître les marques de la pêche sur les dauphins tués par la pêche professionnelle »