Les inondations du 3 octobre 2015 dans les Alpes-Maritimes et le Var (sans oublier celles qui se sont déroulées en Corse et qui ont disparu rapidement de l’attention médiatique) donnent lieu à des débats autour de l’urbanisation en zones sensibles, et même sur les formes de l’urbanisation en général. Reprise dans un article du journal La Tribune, la secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts Emmanuelle Cosse réclame un plan de végétalisation des villes pour lutter contre les catastrophes naturelles. Au-delà de la posture politique, cette position nous interpelle aussi pour le cas des communes du canton.

 

En effet, dans les grandes villes, il ne faut pas croire que certains élus ont attendu les catastrophes récentes pour associer espaces urbanisés et nature, afin de faciliter l’évacuation de l’eau et ainsi éviter qu’elle ne ruissèle jusqu’à en former des torrents. Il existe un programme de végétalisation de la ville de Paris (2014-2020) et des plans de végétalisation des rues, avec des fosses en pleine terre ou des jardins collectifs (Bordeaux, Grenoble…). Même s’ils sont présentés comme des formes d’embellissement du territoire, même s’ils incorporent aussi l’usage des jardinières à l’intérêt faible pour limiter l’imperméabilisation des sols, ils participent à la mise en pratique des nouvelles formes d’urbanisme.

 

Ile aux jeux

Ile aux jeux

Sur des territoires où la pression foncière est forte, comme dans nos stations balnéaires, ces mouvements qui se développent depuis plusieurs années doivent nous faire réfléchir. Sur sa page Internet, la Ville de Grenoble explique bien que ce n’est pas parce que la nature entoure la ville qu’elle doit rester à l’extérieur. C’est aussi en ce sens que le CPNS se bat pour défendre l’Île aux Jeux, à Saint-Hilaire-de-Riez. Nous avons également soutenu et félicité la municipalité de Saint-Gilles-Croix-de-Vie pour la trame verte et bleue. Si la loi SRU intime de réduire le nombre de dents creuses (espaces à bâtir qui restent disponibles dans les bourgs à forte densité), cela ne doit pas nous empêcher d’avoir une politique active pour limiter l’imperméabilisation des sols, et ainsi les possibles dégâts que l’on connaît.