Le 11 janvier 2017, le site remarquable de la dune de La Garenne à Saint-Gilles-Croix-de-Vie a subi une nouvelle dégradation en lien avec les opérations de dragage actuellement en cours dans le port de pêche. Sur initiative du CPNS, les représentants du CPNS, de l’association Vie et du club de surf siégeant au sein du comité de suivi du dragage des ports de ST Gilles se sont réunis en début de semaine afin d’une part envisager des solutions pour minimiser les conséquences des bourrages des fraises ou des canalisations et des fuites de rejet dans la dune, d’autre part pour proposer des mesures de suivi plus régulier des incidences sur le milieu récepteur que constituent l’océan et la grande plage de Saint-Gilles.

 

Pourquoi ces dragages?

Les ports de St gxv s’envasent de 30 à 60 cm par an du fait de leur implantation à l’embouchure et au point de confluence de La Vie et du Jaunay. Pour maintenir les bassins à un plafond de navigation à la cote de 1,5m à 3m, la société d’économie mixte SEM-Vie procède 2 fois par période triennale, à l’entrée de l’hiver, au dragage du port de plaisance et de pêche. La SEM utilise une drague stationnaire de type hydraulique aspiratrice à désagrégateur¹.

Rejet aérien avant enfouissage du tuyau de rejet des boues de dragage -Grande plage de St Gilles Croix de Vie

Rejet aérien avant enfouissage du tuyau de rejet des boues de dragage -Grande plage de St Gilles Croix de Vie

Les rejets étaient autrefois déversés directement sur la grande plage comme le montre cette photo prise en novembre 1981 par le CPNS. Ils sont désormais rejetés sur le bas de l’entrant. A noter que cette zone de rejet est située à proximité des sites Natura 2000 du secteur marin de l’île d’Yeu, des dunes de la Sauzaie et du marais du Jaunay. Pas moins de 2 km de canalisations sont nécessaires pour évacuer les quelques 75.000m3 de sédiments aspirés par la suceuse à chaque campagne de dragage et rejoindre le bas de l’estran. Les conduites coupent la promenade Marie-de-Beaucaire et la dune de La Garenne.

Le CPNS conteste cette méthode dont on ne mesure pas l’impact environnemental et prône un traitement à terre qui est écarté par la SEM-VIE qui avance des coûts prohibitifs et des nuisances liées au transport des rejets ( 4000 camions par an). 

 

Une dune fragilisée

Les incidents se multiplient et posent les questions de l’absence de nettoyage de la zone avant les dragages et de la vétusté de l’installation. Le nouvel incident du début du mois de janvier en haut de la dune de La Garenne n’est pas le premier. Cette fois il s’agit d’un mauvais fonctionnement de la soupape de dépressurisation de l’installation située en haut de dune, laquelle avait été changée avant le démarrage de la campagne de dragage. Il semble qu’une pièce en bois usinée spécialement par une entreprise locale ait été remplacée par une pièce en plastique qui n’a pas résisté. C’est une nouvelle fois la dune et la plage qui en font les frais. De surplus, l’évènement intervient sur un site déjà fragilisé par un sabotage au même endroit en 2014.

 

Les questions posées par le dragage

Bien que répondant à des normes strictes, le CPNS n’est pas convaincu de la pertinence des prélèvements effectués aux fins de diagnostiquer la qualité des sédiments rejetés. 

Le CPNS relève également des conflits d’usage importants au niveau de la fréquentation de la plage régulièrement souillée par les dépots sédimentaires des rejets, pour la baignade ou encore pour la pêche à pied dont l’usage est interdit pendant la période de dragage et de plus en plus fréquemment limité hors cette période. Les surfeurs fréquentant le spot de la grande plage se plaignent désormais de façon récurrente de problèmes cutanés attribués aux rejets.

Nos questions et nos propositions seront communiquées au coordinateur Bruno Vincent avant le prochain comité de suivi prévu le 13 février afin qu’elles y soient discutées.

 

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Revue de presse sur le sujet, cliquer ici


¹Les dragues aspiratrices stationnaires travaillent de façon stationnaire, sur pieux ou sur ancres. Elles sont généralement utilisées en milieu portuaire pour l’excavation et l’élimination des matériaux non cohésifs et des sables peu compacts, dans des zones trop étroites pour permettre les évolutions d’une drague aspiratrice en marche.