Futur centre aquatique à Saint-Hilaire-de-Riez

La commune de Saint-Hilaire de Riez a été distinguée par la Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie qui vient de publier la liste des territoires à énergie positive en devenir. Est-ce mérité ? Le CPNS pose la question en publiant la lettre qu’il a adressée au maire de St-Hilaire de Riez et au président de la Communauté de communes Pays de St-Gilles. A vous de juger.


Reproduction de la lettre  adressée au maire de St-Hilaire de Riez et au président de la Communauté de communes Pays de St-Gilles :

Entete-CPNS - membre du reseau FNEFNE

 

Comité pour la Protection de la Nature et des Sites

à
Communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Monsieur CHABOT, Président

Ville de Saint-Hilaire-de-Riez
Monsieur BOUDELIER, Maire,

Lettre recommandée AR
Objet : centre aquatique et territoire à énergie positive

Monsieur le Président, Monsieur le Maire,

C‘est avec une satisfaction certaine que nous avons lu l’acceptation du Ministère concernant 4 territoires à énergie positive dont la ville de Saint-Hilaire-de-Riez.
Tout en vous félicitant pour le succès de cette démarche qu’il convient d’encourager, permettez-nous de vous faire part d’une réflexion concernant un projet porté par la Communauté de communes.
La collectivité du Pays de Saint-Gilles a décidé de construire un nouveau centre aquatique, ce qui est en soit une bonne chose pour les futurs utilisateurs.

Cependant, nous sommes assez interrogatifs sur sa conception :

– Tout d’abord son intégration dans un cadre naturel remarquable, le marais de la Vie :
L’utilisation des installations nécessitera le recours à l’éclairage une grande partie des journées d’hiver et pendant les nocturnes quelles que soient les périodes de l’année ; cette source
lumineuse intense du fait des façades transparentes aura une incidence sur la vie avicole du marais : avez-vous pris l’avis d’un expert naturaliste ?
L’étude d’impact paysager prend-elle suffisamment en compte la co-visibilité avec l’église de Saint-Hilaire-de-Riez ? Ce monument, certes non classé mais devenu emblématique du secteur
du marais de la Vie, se voit à partir des trois communes bordant le marais.

– La structure vitrée de ce projet interpelle plus encore et pose la question de son bilan énergétique et du coût de son fonctionnement. Il est curieux de lire dans la notice technique qu’une étude thermique réglementaire a été effectuée et qu’elle conclut à l’absence d’intérêt pour l’usage des énergies renouvelables.
Cette décision surprend quand on sait que ce territoire, dénommé « Côte de Lumière », détient un fort ensoleillement. Les installations thermiques ou photovoltaïques y ont de bons rendements. Avec seulement 70m² de toitures planes pouvant accueillir des capteurs plans classiques, peu performants, le rapport surface utile et besoins réels est loin d’être satisfaisant : le principe de proportionnalité n’est pas respecté (1000 m² de bâtiment).
Le grand parking pourrait accueillir des ombrières photovoltaïques à voitures et vélos électriques, ce dont la Vendée est particulièrement fournie en constructeurs de renom. Cela
n’est pas discuté.

– La consommation du centre aquatique est annoncée à 2.429 MWh/an en chauffage et 1.160 MWh/an en électrique, ce qui, avec une surface de bassins de 850 m², ferait 2 857 kWh.m²/an de chauffage. La surface effective de bassin couvert n’est pas mentionnée, on peut l’estimer à 500 m² environ, ce qui donnerait un bilan plus catastrophique avec 4 858 kWh.m² /an, très supérieur au standard moyen des ouvrages équivalents en France (2 800 kWh.m²/an). Le Ministère de l’Écologie semble souhaiter que ce genre d’infrastructure avoisine 1 500 kWh.m²/an.
Par ailleurs, l’indice de performance du centre aquatique serait 4 fois plus médiocre que celui des nouvelles piscines en Allemagne qui tournent autour de 1 200 kWh.m²/an. De plus, le chauffage se fera avec des chaudières au gaz, fort émettrices de CO2.

Devons-nous en conclure que ce nouvel équipement est loin des objectifs de progrès demandés ?

En élargissant la réflexion au mode de locomotion du train Saint-Gilles – Nantes, qui est le « fuel » et non pas l’électricité, comment ne pas s’interroger sur la volonté des décideurs locaux à penser et vouloir une transition énergétique pour notre territoire ?

Nous vous transmettons une réflexion émanant d’un territoire voisin élu au même régime :

« Un plan d’actions concrètes doit désormais être construit, permettant à notre territoire d’atteindre les objectifs de réduction de la consommation énergétique, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’augmentation de la production d’énergie renouvelable. C’est sur la base de ce plan d’actions que l’enveloppe financière dédiée au programme sera attribuée au territoire. » source : SCOT Pays de Retz.

Monsieur le président, Monsieur le maire, nous serions satisfaits si nos interrogations pouvaient être levées et, ayant quelques compétences en la matière, nous nous tenons à votre disposition
pour en discuter.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer l’expression de nos cordiales salutations.

Pour le CPNS
Michel Chevalier administrateur référent Environnement et Énergie
Benoît Graux, président Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le 8 juin 2015

Copies – Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie
– M. François Blanchet, maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
– M. Jean Grossin, élu référent « Développement Durable » à la communauté de communes