Dans son édition du samedi 3/2/2018, le journal Ouest-France faisait état d’un nouveau projet commercial pour l’Île aux jeux à Saint-Hilaire-de-Riez¹. Suite à cette parution, le CPNS tient à rappeler sa position :

Effectivement le projet initial, objet d’un contentieux purgé par la cour d’appel administrative, ne verra pas le jour puisque le 20 décembre 2016, Monsieur le Maire de Saint-Hilaire-de-Riez a présenté en réunion publique un nouveau projet porté par le groupe « Foncière des Parcs ». Naïvement nous avions espéré que le mot « parcs » figurant dans le nom de cette société était de bonne augure pour l’aménagement de cet espace public; hélas nous apprenions bien vite que ce groupe est spécialisé dans l’immobilier commercial !!

Ainsi les cessions à titre gratuit consenties à la commune en 1974 par les anciens propriétaires réunis en AFU (association foncière urbaine) pour préserver une végétalisation dans le lotissement du Terre-Fort ont été mises aux oubliettes. Voilà donc un bien commun qui part à un groupe privé à l’occasion d’une opération qui va à l’encontre du développement durable et de la fiche n°6 de l’axe 1 de l’agenda 21 de Saint Hilaire de Riez qui entend: « Renforcer la mixité sociale et générationnelle et la qualité de vie en restaurant les espaces verts de loisirs et de détente et en développant les animations de quartiers ».

En tout cas, voilà ce qu’en pense le descendant d’un de ces anciens propriétaires donateurs déçu par cette opération menée sans concertation préalable des intéressés. Il nous a adressé ce message :   

Propos sur le projet municipal  » suppression de l’Île aux jeux « 

Concernant le méga lotissement du Terrefort, réalisé par annexion des terres agricoles, il faut préciser que cette opération a été réalisée grâce à la participation financière de l’ensemble des propriétaires. On a imposé une lourde contribution à des petits exploitants (nombreux ont d’ailleurs dû céder leur terrain). Il fallait accepter de payer, avant réalisation l’ensemble des frais de viabilité – auxquels s’ajoutait la participation obligatoire à la constitution des espaces verts (espaces obligatoires déterminés en fonction de la surface urbanisée). Or on sait que cette espace « préservé » a été illégalement utilisé pour la construction de bâtiments publics: salle de judo, tennis, 45-tours, garderie ou crèche.

Aujourd’hui il s’agit de les céder à des entreprises privées pour des commerces qui vont encore priver d’activité les centres de Sion ou du bourg. Il est urgent de faire respecter la surface indispensable est obligatoire d’espaces vers de cette zone très urbanise.

Ce projet est une contradiction supplémentaire du maire qui prône l’attractivité du centre bourg. On peut penser que la municipalité ignore les réalisations de toutes les communes des environs qui ont su créer « leurs coulées vertes.

 

De plus, ajoutons à ce commentaire que le projet contredit le fait que « LA COMMUNE SE MOBILISE CONTRE LES ABATTAGES (d’ARBRES) » pour preuve l’extrait de texte du magazine municipal de décembre 2017 : « la commune est vigilante et met tout en oeuvre pour limiter au maximum ces abattages qui menacent de défigurer son identité » : ne serait-ce pas un contre-exemple ?

Rappelons que le CPNS avait déposé un recours au tribunal administratif de Nantesen mars 2012  pour demander l’annulation de la modification du POS alors en vigueur, concernant l’extension du zonage (UCc) permettant l’implantation d’équipements commerciaux sur le site de l’Île aux Jeux. Le CPNS avait perdu sur une appréciation du juge qui n’avait pas considéré le manque de végétalisation par rapport au quartier du Terre-Fort mais qui s’était basé sur le nombre total d’espaces naturels présent sur la commune très étendue de Saint Hilaire de Riez en citant « près de 450 ha de forêt ouverte au public,11kms de littoral … 9 plages aménagées pour l’accueil du public et 2000 ha de marais avec des chemins de promenade ». Partant de ce constat, le juge estimait que la disparition d’un terrain de 2,4 ha n’entrainait pas de déséquilibre.

Le CPNS maintient aujourd’hui son avis à l’échelle du quartier: la forêt, le bord de mer ou les marais ne remplaceront jamais les fonctions d’un parc public aménagé et accessible à pied par les habitants du Terrefort ! De plus la plaine des droits de l’enfant se réduit de plus en plus (bassin de rétention, agrandissement du centre de loisirs, zone tampon pour les travaux municipaux …)

Le CPNS restera donc vigilant sur le traitement de ces espaces verts appelés à disparaître.

Une lueur d’espoir cependant : notons que les riverains du projet continuent à « se battre » pour que ce nouveau projet commercial ne nuise pas trop à leur cadre de vie résidentiel. Une concertation a été mise en place avec la municipalité : celle-ci profitera aussi à la majorité des habitants du quartier.

 


¹ Reproduction de l’article Ouest-France