Antoine Gasnet, chargé de mission au sein du syndicat des marais

Antoine Gasnet, chargé de mission au sein du syndicat des marais

L’eau est chère ! Nous dirions qu’elle est précieuse parce que rare. C’est ce que nous avons voulu souligner avec l’animation sur les zones humides ce vendredi dernier. Ce terme générique couvre les marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves… entre terre et eau, les milieux humides abritent une biodiversité exceptionnelle, de nombreuses espèces végétales et animales, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration et la prévention des crues. Leur préservation répond à des enjeux environnementaux, économiques et sociaux importants. Nous remercions Ouest France d’avoir relayé notre action et Antoine Gasnet du Syndicat Mixte des marais pour sa contribution.

 


 

article du journal Ouest-France issu de l’édition de Challans – Saint-Gilles-Croix-de-Vie du 8/02/2016

 

Des zones humides à défendre sur le territoire

Le comité de la protection de la nature et des sites (CPNS) a organisé une conférence sur l’intérêt de ces milieux protégés. Des territoires insoupçonnés près de chez soi.

Journée des zones humides 
À l’occasion de la journée des zones humides, le Comité de la protection de la nature et des sites (CPNS) a organisé une conférence sur ce thème au centre socioculturel. La soirée de vendredi a été marquée par une projection sur l’intérêt écologique des Bourbes de l’Allerie, à Olonnesur-Mer. Un espace remarquable de l’environnement du littoral dont certaines parcelles sont gérées par l’association de protection de la nature au pays des Olonnes (APNO). Plus localement, l’exposé a été complété par une intervention sur le Schéma d’aménagement de gestion des eaux (Sage) du bassin de la Vie et du Jaunay. Un dispositif conçu pour préserver les bassins-versants et améliorer la qualité écologique des cours d’eau.

La longue route du Schéma d’aménagement 
Le Sage Vie et Jaunay s’étend sur un territoire de 37 communes, de 780 km2 , qui comprend 5 500 hectares de marais. Le périmètre va de Belleville-sur-Vie, au nord, à Landevieille, au sud, et Soullans, à l’ouest. Toutes ces eaux coulent vers l’estuaire de la Vie à Saint-GiIles-Croixde-Vie. Le document du Schéma d’aménagement de gestion des eaux de la Vie et du Jaunay a été signé en 2011, à la suite d’une concertation lancée dès 2004.

Consensus 
Le Sage a notamment permis de cartographier les zones humides du bassin-versant.« 82 % d’entre elles ont été classées, explique Antoine Gasnet, chargé de mission au sein de cette instance.L’option a été prise de ne pas tout mettre sous cloche. C’est une démarche qui ne fonctionne pas. Les secteurs des sièges d’exploitation agricoles n’ont pas fait l’objet de classements. L’idée étant de trouver un consensus avec les usagers du milieu. »

Protection des zones humides 
Les zones humides sont encadrées par de nombreuses lois édictées pour les protéger. Il s’agit notamment de la convention Ramsar. Un accord international conclu en 1971 dans une ville iranienne, au bord de la mer Caspienne. Natura 2000 est l’autre grand dispositif concernant les zones humides. Sur le territoire de la communauté de communes du Pays de Saint-Gilles, le périmètre Natura 2000 couvre les dunes du Jaunay, de l’extrémité sud du remblai de Saint-Gilles à la Sauzaie, à Brétignolles-sur-Mer. Sur les marais, il s’étend dans la vallée du Jaunay, du Gué-Gorand, et du ruisseau de la Filatoire.

Prairies humides remarquables 
La partie zone humide de notre territoire a été retenue dans le dispositif Natura 2000, au titre de l’intérêt patrimonial« des prairies humides » . Malgré la présence d’oiseaux dans cette zone, ce critère n’était pas suffisant pour la protection de ce territoire. Dans les marais, le Syndicat mixte Vie Ligneron Jaunay lutte contre les espèces invasives qui prennent la place des espèces locales. 40 000 € sont chaque année consacrés à arracher la jussie, le myriophylle du Brésil, l’Egeria densa…

Des zones humides près de chez vous 
Même à Saint-Gilles-Croix-de-Vie,« commune artificialisée à 84 % », rappelle Benoît Graux, président du CPNS, il existe quelques zones humides. Elles se situent à la ValléeMoinard, à la Croix, au pont de l’Eveché, à la Félicité et devant les halles de la Vie, où l’on peut remarquer une zone d’herbier. En zone urbaine, certains secteurs humides ont été malmenés par l’urbanisation.« Le ruisseau du Grenouillet est typiquement un cours d’eau sacrifié », lâche Antoine Gasnet.